Cedre / Secours Catholique

Source: La compagnie des choses

Message: For Lek and Sowat, hoping that this message will reach you directly.

I’ve just finished reading ‘Mausoleum’ – my boyfriend, a hip-hop fan, just received it for his birthday. Surprise: A book talking about a supermarket and migrant populations i know (too) well…

At the 23rd of the Commanderie Boulevard, a few meters away from the temple, lies the CEDRE’S prefab. It’s one of Caritas France centers, dedicated to migrants and refugees. The Center mostly helps with administrative processing to obtain French residency, it is not a shelter. It also offers french and computer classes as well as other activities.

During three years, I supervised there a theater and puppet workshop for adults from all over the world. Being myself an immigrant’s daughter, I’ve lived an extraordinarily rich human experience with them.

Before it was shut down (around early 2008 if my memory is correct), we would go with my students in the supermarket to get the material we needed too build puppets and theater accessories. Every once in a while we would also buy things to improvise a snack or a meal. We knew the guys from security: most of the time, when my students went there on their own, they wouldn’t let them in. When we went there together, there never was a problem. It made us laugh.

As everyone knows, living conditions for people seeking french asylum greatly downgraded during our former president’s term. As helpers, the difficult question of finding rooms in housing shelter, was at the core of all our worries. Each month, their number decreased. Some of my students didn’t even want to tell me where they managed to sleep…

I met these destinies, mostly men, groping their way into the darkness, fleeting shadows, unbearable pains, unthinkable life stories. Some finally obtained their green cards, got married, had children. Others disappeared, became insane or committed suicide.

I saw in your book a fascinating artistic endeavor, a scream  of outrage but also a tribute to all those who spent, if only a night, on those fucking mattresses lying amidst the parking’s floor.

I was touched knowing that you’ve transformer this place, that you made it your own, for yourself, for them, for your readers.

So thank you, a huge thank you et maybe we’ll see each other one day – today, we live in Lille. There’s no shortage of work here, for writers that love painting in industrial ruins!

LineC

Message: Pour Lek et Sowat, en espérant que ce message vous parviendra directement.

Je termine à l’instant la lecture de Mausolée – mon mec, porté culture hip hop, vient de le recevoir pour son anniversaire. Surprise : un ouvrage consacré à un supermarché et à des habitants en transit que je connais (trop) bien…

Au 23 boulevard de la Commanderie, à quelques mètres du  Temple, se dresse le préfabriqué du CEDRE. C’est un centre du Secours Catholique, dédié aux personnes migrantes et aux réfugiées. Le centre aide surtout pour les démarches administratives liées à l’obtention de papiers, ce n’est pas un foyer. Il propose aussi des cours de français, d’informatique, ainsi que des activités.

Durant trois ans, j’ai  donné là-bas à des adultes de toutes origines des ateliers de théâtre et de marionnettes. Moi même fille d’immigrée, j’y ai vécu une expérience humaine d’une richesse extraordinaire.

Dans ce supermarché et avant sa fermeture (je dirai début 2008, si mes souvenirs sont bons), nous allions, avec mes élèves,  chercher des matériaux pour fabriquer des marionnettes et des accessoires de théâtre.  De temps en temps, on prenait aussi de quoi improviser un gouter, un repas. On connaissait le mec de la sécurité : quand mes élèves y allaient seul, ils ne pouvaient pas toujours rentrer. Quand on y allait ensemble, ça passait toujours comme une lettre à la poste. Ca nous faisait marrer.

Comme chacun sait, durant le quinquenat de notre précédent président, les conditions de vie des personnes demandeuses d’asile se sont fortement dégradées. La question des places en foyer d’hébergement était au centre de nos préoccupations d’aidants. Chaque mois, leur nombre diminuait. Et certains de mes élèves préféraient de pas me dire où ils dormaient…

J’ai croisé ces destins, des hommes surtout, avançant à taton dans le noir, des ombres fugaces, des souffrances inouies, des récits de vie innimaginables. Certains ont finalement obtenus des titres de séjour, se sont mariés, ont eu des enfants. D’autres ont disparus, sont devenus fous, se sont suicidés.

J’ai vu dans votre ouvrage un travail artistique fascinant, une démarche de révolte, mais aussi un hommage à tous ceux qui ont passé ne serait-ce qu’une nuit sur un de ces putains de matelas à même le sol dans le parking.

Et je suis touchée de savoir que vous avez transformé ce lieu, que vous vous le soyez réapproprié, pour vous, pour eux, pour vos lecteurs.

Donc, merci, un très grand merci, et à une prochaine peut-être – aujourd’hui, on habite Lille, ici pour les graffeurs qui aiment les friches industrielles, c’est pas le boulot qui manque !

LineC

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